Gérer l’eau, aujourd’hui, ça veut dire quoi concrètement pour le Sicoval ?
Pierre Lattard : « Gérer l’eau ne se résume plus à assurer un service public. Il s’agit d’anticiper les effets du changement climatique, de préserver une ressource précieuse et de garantir un service performant pour les générations futures. Notre territoire est dynamique, en croissance, avec des besoins qui évoluent. Nous devons conjuguer sobriété, innovation et qualité de service. Dans une trentaine d’années, nous aurons un climat méditerranéen. Les périodes de stress hydrique seront importantes. Une politique publique de long terme s’impose. »
Stéphane Jakubiak : « Cette vision politique est essentielle : elle permet aux équipes techniques d’innover et d’expérimenter. La gestion de l’eau devient de plus en plus complexe : surveiller les réseaux, limiter les pertes, moderniser les infrastructures, intégrer de nouveaux outils numériques. Au Sicoval, élus et techniciens travaillent autour d’une même ambition. C’est une force. »
Le Sicoval a fait le choix de l’intelligence artifi cielle pour
la recherche de fuites. Qu’est-ce qui a motivé ce choix, et
quels résultats ?
Pierre Lattard : « Nous avons voulu sortir des approches classiques. En découvrant les solutions basées sur l’intelligence artificielle, nous avons immédiatement vu le potentiel : agir rapidement, sans investissement lourd, avec une logique de résultat. Un élu doit savoir prendre des décisions qui préparent l’avenir. L’innovation n’est pas un gadget, c’est un outil au service de l’intérêt général. »
Stéphane Jakubiak : « L’IA nous permet de prioriser les zones du réseau les plus sensibles. Nous sommes passés d’une logique de recherche traditionnelle à une approche prédictive et ciblée. Les premiers résultats ont été très parlants : en seulement deux semaines, plusieurs fuites importantes ont été identifiées, avec à la clé plus de 110 000 m³ d’eau économisés par an. Au-delà des chiffres, notre manière de piloter le réseau en sort profondément transformée. »
Quelle est votre vision à long terme ?
Pierre Lattard : « L’enjeu a changé de nature. Il ne s’agit plus seulement de réparer les fuites, mais d’anticiper les fragilités du réseau pour mieux planifier les investissements et préserver la ressource. Une vision à 10 ou 15 ans est indispensable. Avec Stéphane et les équipes, nous partageons la même volonté : faire du Sicoval un territoire exemplaire dans la gestion durable de l’eau. »
Stéphane Jakubiak : « Le numérique et la donnée prennent ici tout leur sens. Demain, nous pourrons identifier les portions de réseau les plus vulnérables avant même qu’une fuite n’apparaisse : la maintenance prédictive. Les investissements seront mieux ciblés, les pertes réduites, la qualité du service améliorée. »
Quelle responsabilité une collectivité comme le Sicoval
a-t-elle vis-à-vis de ses habitants sur ces enjeux ?
Pierre Lattard : « Quand nous parlons d’économie d’eau aux habitants, nous devons leur montrer que nous agissons concrètement sur nos propres réseaux. Le Sicoval est une collectivité à la fois innovante, responsable et proche du terrain. »
Stéphane Jakubiak : « Cette transformation est déjà en marche. Les métiers évoluent, les outils évoluent, mais l’objectif reste le même : garantir un service public de qualité et préserver durablement la ressource en eau. L’innovation technologique n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie du territoire. »
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