Dans le Sud-Ouest, la pression sur la ressource en eau s’intensifie sous l’effet du changement climatique et du développement des territoires. Quelles sont aujourd’hui, selon vous, les priorités pour sécuriser durablement l’accès à l’eau ?
Nous observons déjà, depuis plusieurs décennies, les effets du changement climatique : élévation des températures, baisse du manteau neigeux, diminution des débits des rivières en période d’étiage, augmentation de l’évapotranspiration et du besoin en eau des plantes.
La tendance va se poursuivre, inévitablement, dans les prochaines décennies. Cela doit nous conduire à déployer un panel de réponses adaptées.
La première de nos priorités est de moderniser et d’optimiser les ouvrages existants afin de sécuriser les volumes disponibles. Nous déployons à ce titre un plan d’investissement de 120 millions d’euros sur dix ans qui concerne nos canaux, nos lacs et barrages, et nos réseaux d’eau sous pression.
La deuxième est celle de la maitrise des consommations, en luttant contre les pertes d’eau, et aussi en accompagnant les différents usages. Nous menons par exemple des actions concrètes pour accompagner les évolutions des pratiques, en particulier dans le monde agricole, à partir notamment de notre ferme expérimentale dédiée à l’agroécologie.
Notre troisième priorité, enfin, est celle qui nous invite à imaginer dès à présent les réponses du futur. Il s’agit notamment d’explorer le potentiel offert par les solutions fondées sur la nature, mais aussi d’envisager, là où ce sera nécessaire, des ouvrages de stockage complémentaires à ceux déjà existants, et aussi aller encore plus loin dans la conception concertée de ces solutions.
Notre expérience, depuis plus de 65 ans, reste un socle solide pour déployer les solutions adaptées afin de continuer à assurer un partage durable de l’eau.
La gestion de l’eau nécessite une coopération étroite entre acteurs publics, monde agricole, entreprises et collectivités. Quels sont les principaux défis de cette gouvernance partagée ?
La gestion de l’eau est avant tout une question d’équilibre entre des besoins multiples. Chez Rives & Eaux, elle s’appuie sur trois piliers : une gestion opérationnelle solide, la contractualisation avec les usagers et une concertation permanente à l’échelle des bassins.
Ce travail collectif entre tous les acteurs aux attentes parfois différentes, nécessite un dialogue constant, contribuant ainsi à une meilleure efficacité en période de tension et une solidarité entre les usagers, indispensable pour concilier enjeux économiques et écologiques.
Lab’Eau réunit justement ces différents acteurs autour des enjeux liés à l’eau. En quoi ce type de rendez-vous peut-il aider concrètement les territoires à mieux anticiper les tensions autour de la ressource ?
La question de l’eau ne peut plus être traitée uniquement sous un angle technique. L’enjeu principal dont il est question est bien plus large puisqu’il s’agit de l’avenir des territoires. Cela suppose donc une mobilisation collective.
Des rendez-vous comme Lab’Eau sont essentiels parce qu’ils permettent de créer du lien entre les acteurs, mais surtout de partager une compréhension commune des enjeux. Mieux comprendre, c’est déjà mieux anticiper.
Ces échanges rappellent aussi que chacun a un rôle à jouer. Les solutions ne seront pas uniques, mais complémentaires. C’est en croisant les approches, en confrontant les expériences et en construisant ensemble que l’on pourra apporter des réponses durables.
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