12e programme d’intervention 2025-2030 de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne marque une montée en puissance sans précédent, avec 2 milliards d’euros mobilisés sur six ans, offrant 30 % de capacités supplémentaires pour accompagner les porteurs de projets. Pourquoi cette hausse significative et que dit-elle de la place que prend aujourd’hui la question de l’eau sur le territoire ?
L’eau est l’un des premiers marqueurs des effets du changement climatique dans nos territoires. En 2050, le déficit estimé dans le grand Sud-Ouest est de 1,2 milliard de m3, soit 60 % du manque d’eau au niveau national. Si l’on prend pour référence notre consommation actuelle, c’est un litre d’eau sur deux qui pourrait manquer dans le bassin Adour-Garonne.
Le lancement du 12e programme coïncide avec l’entrée dans une décennie qui, nous le savons, sera décisive en matière d’adaptation.
Je crois qu’au sein des instances de gouvernance de l’Agence nous avons su partager cet état des lieux avec les représentants des collectivités locales, de l’État, des acteurs économiques et du monde associatif. La gravité de la situation est acquise pour tous et c’est ce qui nous a permis d’adopter un 12e programme ambitieux.
Mais soyons clairs : cette augmentation de 30 % de nos capacités d’aide, n’est pas une décision sans fondement. Elle s’appuie sur des investissements réels et précis que nous avons identifiés dans les territoires. Car il faut le dire : derrière la nécessité de s’adapter, se profile un mur d’investissements auquel nous devrons collectivement faire face.
Concrètement, comment ces moyens renforcés vont-ils permettre d’accompagner les acteurs engagés sur le terrain – collectivités, agriculteurs, entreprises, associations – face aux défis de l’eau sur le territoire ? Avez-vous un exemple pour l’illustrer ?
L’eau par son caractère transverse est un bon levier pour impulser la transition localement. Elle touche à de nombreuses problématiques d’aménagement du territoire : urbanisme et habitat, développement économique, agriculture, cadre de vie …
L’Agence encourage les démarches à l’échelle d’un territoire cohérent en matière de ressource en eau, le sous-bassin versant. L’idée est d’instaurer dès à présent des échanges entre acteurs locaux pour définir les solutions les mieux adaptées localement.
On se souvient tous de la sécheresse 2022 qui a fortement frappé le grand Sud-Ouest : 400 communes se sont trouvées en difficulté d’alimentation en eau potable. Le Syndicat Intercommunal des Eaux du Puy du Bassin, en Corrèze, est l’un de ces territoires fortement touchés. Ce dernier, accompagné des communes de Servières, Hautefage, Auriac et Saint-Geniez, a lancé un projet structurant de sécurisation de l’alimentation en eau potable de ses 3000 abonnés. Un projet d’un montant de 8,5 millions qui a été rendu possible par l’accompagnement de l’Agence. En matière d’eau la solidarité entre acteurs et territoires est primordiale et c’est l’Agence qui lui offre un cadre d’expression.
Vous êtes partenaire de la première édition de l’événement Lab’Eau, le rendez-vous des professionnels engagés pour la préservation de l’eau. Qu’est-ce qui a motivé cet engagement et que représente pour vous cet espace de dialogue et de mobilisation ?
Notre engagement auprès de Lab’Eau s’est imposé de manière naturelle. Il est pleinement cohérent avec le positionnement et les missions de l’Agence. Nous sommes d’ailleurs fiers d’être partenaire fondateur de cette première édition.
Cet événement représente une formidable opportunité de rassembler des professionnels de secteurs variés autour des enjeux majeurs liés à la préservation et à la gestion durable de la ressource en eau.
Lab’Eau crée un lieu d’échanges permettant de confronter des points de vue , d’encourager une meilleure compréhension des enjeux et de rechercher ensemble des solutions adaptées aux défis de l’eau.
Cette recherche d’émulation, de coopération et d’innovation est au cœur de notre ADN commun.